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Etinc'Elles : portrait de marraine - Agathe Ridel, Mecanolav

 
 
 
 

L’édition 2025-2026 d’Etinc’Elles, le concours des collégiens pour faire découvrir l’industrie, est en cours. Cette 2e édition rassemble une centaine d’élèves, mais également 10 marraines, qui accompagnent chaque groupe. C’est grâce à elles que le projet prend vie. Nous vous proposons chaque semaine, de mettre en lumière ces professionnelles, qui donnent de leur temps pour promouvoir l’industrie.

Rencontre aujourd’hui, avec Agathe Ridel, Présidente dirigeante de Mecanolav - Ridel SAS et marraine de l’équipe du collège Charles de Foucauld à Neufchâtel-en-Bray.

 

Pourriez-vous nous présenter votre parcours et nous dire à quel moment vous vous êtes tournée vers l’industrie ? 

 

J’ai eu un parcours assez classique avec un lycée général scientifique. Pour mon orientation, je savais surtout ce que je ne voulais pas faire. J’ai procédé par élimination. Il me restait trois choix : école d’ingénieur, de commerce ou d’architecture. J’ai choisi une école d’ingénieur généraliste après-bac, l’ESME Sudria, pour garder toutes les portes ouvertes. Je me disais qu’après un diplôme d’ingé, je pourrais toujours bifurquer vers le commerce ou l’archi si besoin. Mon seul vrai choix à l’époque a été d’abandonner la chimie pour me concentrer sur la mécanique et l’électricité.

Une fois en école, je me suis beaucoup questionnée sur mon avenir. "Être ingénieure", c’est tellement vaste que ça ne veut rien dire. Cela m’angoissait, jusqu’au jour où j’ai vu une vidéo de lignes de production (yaourts, embouteillage, empaquetage). Ce fut une révélation : je voulais faire des machines. Ce qui me passionne, c’est de voir une machine faire exactement ce pour quoi elle a été conçue. C’est ainsi que j'ai choisi la spécialité mécatronique.

 

Vous avez commencé votre carrière à l'étranger avant de rejoindre l'entreprise familiale... 

 

Mon stage de fin d’études a été structurant. Je l’ai fait en Allemagne, chez Magna Electronics, un équipementier automobile. Je voulais acquérir la compétence linguistique et travailler dans la production, soit dans l’électroménager, l’automobile ou la robotique. J’y suis restée quatre ans, travaillant notamment sur l’industrialisation des caméras de recul.

Je me projetais dans un parcours d’expatriée jusqu’à l’été 2016, quand le directeur commercial de Ridel SAS m’a appelée pour me proposer de devenir responsable de production. Je n’avais pas prévu de rentrer en France, et encore moins de rejoindre l’entreprise familiale. Mais j’ai saisi l’occasion pour voir si le métier et l’entreprise me plaisaient. J’ai dit à mon père : "Je viens, mais je ne dis pas que je reprends l’entreprise". Finalement, je suis arrivée en 2017 et j’ai mis quatre ans avant de décider de sauter le pas. J'en suis la dirigeante depuis 2021, et je n'ai aucun regret.

 

Quel est votre regard sur le fait d'être une femme dans ce secteur ? 

 

Je vais faire une réponse peut-être un peu décalée, mais mon expérience est hyper positive. En Allemagne, j’étais la seule femme de mon département d’industrialisation. J’y ai vu une chance inouïe : mes collègues étaient ultra attentionnés, notamment sur les problématiques mécaniques ou quand il fallait bricoler sur les machines. J’ai eu beaucoup plus d’aide que si j’avais été un homme. Pour moi, être une femme ouvre des opportunités et facilite parfois les échanges. Quand je suis arrivée chez Ridel, j’ai managé directement une vingtaine d’hommes. Ça s’est tout de suite bien passé. En termes de compétences, il n'y a aucune différence entre un homme et une femme. C’est la mixité qui apporte la richesse et qui, je pense, apaise l’entreprise.

 

Pourquoi avoir choisi d’être marraine du concours Étincelle ? 

 

Je suis déjà très engagée auprès des écoles du territoire de Neufchâtel car il est primordial de porter des modèles pour les jeunes. Il faut leur donner envie d’avoir de l’ambition. Ce qui me parle dans le concours Étincelle, c’est justement cette question de l’ambition féminine.

Personnellement, je ne me suis jamais posé de questions sur mon genre durant mes études. Les freins sont apparus quand j’ai voulu devenir chef d’entreprise. Je ne savais pas comment gérer les rôles de femme, de mère et de dirigeante. Mon modèle était celui d'un père chef d'entreprise très investi et d'une mère au foyer disponible. Quand on occupe les deux rôles, il faut inventer son propre équilibre, souvent au sein du couple. C’est pour cela qu'il faut montrer aux jeunes filles que ces perspectives existent.

 

Que diriez-vous à une jeune fille qui hésite à s'orienter dans l'industrie ? 

 

Qu'il y a des très beaux parcours à faire dans l'industrie.

 

Quel message souhaitez-vous faire passer aux élèves que vous rencontrez ? 

 

Je suis touchée par leur innocence. J’essaie de leur faire comprendre qu’en entreprise, contrairement à l’école, on n’a pas besoin d’être tous bons dans la même chose au même moment. On a le droit d’avoir des forces différentes. L'objectif, c’est que chacun apporte son excellence au collectif. C’est cet engagement sociétal qui m’anime : je préfère miser sur la jeunesse et les aider à grandir.

 

Merci Madame Ridel !

 

Retrouvez les interviews des autres marraines Etinc'Elles :

 

- Florence Giuliani (EREM)

 

- Stéphanie Lefebvre (GYPASS)

 

- Céline Cueff (HDI)

 

 

 

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